Super Etendard, le Corsaire, Dassault


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L'AVIATION EUROPEENNE 


Le Dassault Super-Étendard 

(surnommé le Corsaire)

est un avion d'attaque et de chasse français construit par Dassault, destiné à être embarqué à bord de porte-avions. Successeur de l'Étendard IV, il a été produit à 74 exemplaires mis en service par la Marine nationale française et l'Argentine.

La version initiale du Super-Étendard est parfois désignée de façon abrégée SUE (pour SUper-Étendard), tandis que la version modernisée apparue à la fin des années 1980 est désignée SEM (pour Super-Étendard Modernisé).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conception

À la fin des années 1960, la Marine nationale française lance des études pour remplacer ses Étendard IV et Vought F-8 Crusader. Elle accepte en 1969 le projet du Jaguar M (version navalisée du Jaguar franco-britannique), mais celui-ci est abandonné en 1973. L'achat d'avions américains comme le Douglas A-4 Skyhawk ou le Vought A-7 Corsair II est également envisagé, mais le gouvernement français impose finalement le choix du Super-Étendard proposé par Dassault.<7p>

Ce Super-Étendard est en fait un Étendard IV avec un nouveau réacteur Atar 8K50, une avionique entièrement modifiée comprenant en particulier un nouveau radar Agave nécessitant de modifier le nez, et une nouvelle voilure dont les dispositifs hypersustentateurs sont améliorés. Deux prototypes sont réalisés à partir d’Étendard IVM modifiés, et un troisième Étendard IVM est utilisé uniquement pour tester la nouvelle voilure.

Le premier prototype fait son vol inaugural le 28 octobre 1974. Le second est destiné à tester le système d'arme et vole pour la première fois le 28 mars 1975. Une fois que le troisième Étendard IV modifié a validé la nouvelle voilure, celle-ci est installée sur les deux autres prototypes, et l'avion récupère ses ailes d'origine pour être rendu à la Marine. Le développement se fait en parallèle de celui du missile anti-navire AM-39 Exocet que le Super-Étendard doit emporter.

Le premier exemplaire de série s'envole le 25 novembre 1977, et est officiellement livré à la Marine nationale le 28 juin 1978. La flottille 11F est déclarée opérationnelle en février 1979. En juillet 1979, l'Argentine commande 14 Super-Étendard. Cinq appareils avaient été livrés lorsqu'éclate la guerre des Malouines en 1982. Les 9 autres furent bloqués par l'embargo et livrés seulement une fois le conflit achevé. Le Super-Étendard a été choisi par la marine argentine en raison de sa capacité à être mis en œuvre depuis son porte-avions 25 de Mayo. En raison des longues indisponibilités puis du retrait du service de celui-ci, les Super-Étendard argentins ne sont plus embarqués sur porte-avions qu'à l'occasion d'exercices réalisés avec la marine brésilienne grâce au Minas Gerais puis au Nae Sao Paulo.

Afin de permettre de prolonger la durée d'utilisation des avions, un programme Super-Étendard modernisé (ou "SEM") fut lancé en 1986 : nouveau radar Anémone et mise à niveau de l'électronique de bord, accompagnés d'une modernisation du poste de pilotage. Le premier avion modifié a été livré fin 1993, et le dernier en 1998.

En 1997 a été livré le premier SEM dit "Standard 3" capable d'emporter une nacelle de désignation laser ATLIS. Il a été suivi du "Standard 4" permettant d'effectuer des missions de reconnaissance (en remplacement des Étendard IV P réformés) avec le pod CRM 280 et améliorant le système d'auto-protection contre les missiles.

Le "Standard 5", apparu en 2008, est la dernière version de l'avion, dont les derniers exemplaires devraient être retirés du service en 2017. Il permet l'emport de nacelle de désignation Damoclès de Thales augmentant les capacités nocturnes. Cette dernière modernisation inclut également l'amélioration des systèmes de communication et d'auto-protection ainsi que l'installation d'un nouveau pilote automatique.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

super-étandard Français ravitaillés par un Intruder Américain lors d'un exercice en 1996


Les premières missions de guerre des Super-Étendard français furent conduites au dessus du Liban dans le cadre de l'opération Olifant au début des années 1980. Ainsi, le 22 septembre 1983 ils attaquèrent avec succès des batteries syriennes qui avaient tiré sur les positions du contingent français, tandis que le 17 novembre de la même année ils effectuèrent, lors de l'opération Brochet, un raid contre un camp terroriste près de Baalbeck en représailles à l'attentat du Drakkar à Beyrouth.

Les Super Étendard participèrent ultérieurement à des frappes aériennes lors des guerres de Bosnie-Herzégovine puis durant la guerre du Kosovo en 1999.

À partir de 2001, les Super-Étendard opèrent à partir du porte-avions Charles-de-Gaulle, admis au service actif le 18 mai de cette même année. Suite aux attentats du 11 septembre 2001 et au déclenchement de l'intervention armée en Afghanistan, les Super-Étendard de la marine nationale sont engagés dans le cadre du dispositif français (opération Héraclès lancée le 21 novembre 2001). À ce titre, ils effectuèrent de nombreuses missions au-dessus de l'Afghanistan, tant de reconnaissance que d'appui feu (opérant dans ce cas en binôme, un premier appareil désignant la cible au laser, un second larguant une BGL de 250 kg), en particulier lors de l'opération Anaconda engagée par les Américains le 2 mars 2002 dans l'est du pays. La distance parcourue lors de ces missions est de l'ordre de 3000 km, nécessitant trois ou quatre ravitaillements en vol. Les Super-Étendard de la flottille 17F seront de nouveau déployés au dessus du théâtre afghan en mai 2006, en mars 2007 et du 6 juin 2008 au 5 octobre 2008, totalisant à cette occasion 930 heures de vol (244 sorties, dont 119 de close air support, tirant notamment les nouvelles bombes guidées laser et GPS GBU-49).


Armada de la República Argentina

L'Argentine a utilisé ses Super-Étendard pendant la guerre des Malouines. Faisant usage de missiles AM39 Exocet, ils coulèrent deux navires de la flotte britannique : le destroyer HMS Sheffield (le 4 mai 1982) et le navire logistique Atlantic Conveyor (le 25 mai 1982).

L'attaque du Sheffield se déroula de la façon suivante :

Un Lockheed SP-2H Neptune argentin, feignant de rechercher les survivants du croiseur Belgrano, torpillé peu avant, établit un contact radar avec ce qui semblait être des navires britanniques. Les deux pilotes d'alerte, le capitaine Bedacarratz et le lieutenant de frégate Mayora, décollèrent à 9 h 30 à bord des Super-Étendard no 3-A-202 et no 3-A203, chacun armés d'un AM 39 Exocet. Ils montèrent d'abord à 4 500 mètres. Ils redescendirent pour se ravitailler en vol à un KC-130 à... 30 mètres des flots ! À 10 h 04, ils étaient à 463 km de leur objectif : c'était la phase finale de l'attaque. Soudain, une alarme se déclencha : ils étaient illuminés par un radar ennemi. Ils plongèrent au ras des flots pour échapper à la détection. Les pilotes entrèrent les coordonnées fournies par le Neptune dans l'unité d'attaque du système d'armes, puis montèrent à 500 pieds et allumèrent leur radar, mais rien n'apparut sur l'écran. Ils retournèrent à très basse altitude et foncèrent vers la dernière position indiquée par le Neptune et rallumèrent leur radar. Cette fois, Bedacarratz vit deux échos apparaitre sur son écran. Le premier ne semblait pas de grande taille (le Sheffield) et le second était bien plus gros (porte-avions HMS Hermes). Les pilotes tirèrent tous les deux leur missile, mais crurent qu'il ne marchait pas car ils ignoraient alors que le moteur met un certain temps à s'allumer (deux secondes environ). Le porte-avions Hermes perçut le tir des missiles, mais pas le Sheffield dont les radars étaient éteints. Lorsque les marins de ce dernier virent l'engin fondre sur eux, il était trop tard et, moins de dix secondes après, l'Exocet s'enfonça dans la coque. Il n'explosa pas, par contre, le moteur-fusée enflamma une canalisation de carburant et le feu gagna le réservoir principal. Les Super-Étendard étaient déjà loin, fonçant à 30 mètres au dessus des flots pour échapper à la détection. Ils se ravitaillèrent, puis rentrèrent à la base de Rio Grande, où ils annoncèrent qu'ils avaient tiré deux missiles dans des conditions favorables. Un coup de téléphone avertit les pilotes que Londres déclarait qu'un missile avait touché le Sheffield. Ils ne surent jamais qui des deux avait fait mouche.


Armée de l'air irakienne

Entre 1983 et 1985, cinq avions furent loués par la France à l'Irak, alors en plein conflit avec l'Iran. L'Irak avait en effet acheté des missiles Exocet mais ne disposait pas encore des Mirage F1 capables de les tirer. Il semble qu'un des Super-Étendard ait été perdu lors des opérations irakiennes.


Accidents

Depuis 1978, 14 appareils ont été perdus accidentellement, dont 5 en version SEM :

* Le 27 mai 1982, accident d'un Super-Étendard au large de Toulon (Var). Le pilote est tué ;

* Septembre 1986, accident en mer Méditerranée. Le pilote s'éjecte ;

* Le 2 avril 1987, un Super-Étendard disparait lors d'un vol d'entraînement de nuit au nord de l'île Vierge. Ni l'avion ni le pilote n'ont été retrouvés ;

* Juillet 1987, accident d'un Super-Étendard dans une forêt d'Ille-et-Vilaine. Le pilote s'éjecte

* Le 17 juillet 1988, accident du Super-Étendard no 54 lors d'un appontage de nuit sur le porte-avions Clemenceau. Le pilote est décédé.

 

* Le 31 mai 1990, un pilote de Super-Etendard s'éjecte à 60 nautiques au large de Hyères (Var). Il est repêché par un Dauphin de l'escadrille 23S ;

* Le 27 mars 1994, le pilote du Super-Étendard no 5 de la flottille 11F opérant depuis le porte-avions Clemenceau abîmé en mer Adriatique est récupéré par l'hélicoptère Pedro de l'escadrille 23S ;

* Le 26 janvier 1996, accident d’un Super-Étendard de l'escadrille 59S au large de La Ciotat (Bouches-du-Rhône), pilote éjecté ;

* le 14 avril 2004, un Super-Étendard Modernisé no 35 de la flottille 17F rate son appontage sur le porte-avions Charles-de-Gaulle, plaquant l'appareil sur le pont d'envol. Le pilote est indemne ;

* Le 7 décembre 2005, un Super-Étendard Modernisé de la flottille 11F no 45, immatriculé F-XCKA est perdu en mer dans le golfe d'Ajaccio après que son réacteur ait aspiré un oiseau. Le pilote a pu s'éjecter à temps et n'est que légèrement blessé ;

* Le 21 mars 2006, un oiseau heurte le pare-brise du Super-Étendard Modernisé no 3 de la flottille 11F au dessus de Pontorson (Manche), obligeant le pilote à se poser sur un terrain à Dinard (Ille-et-Vilaine) ;

* Le 24 août 2006 vers 18h30, un Super-Étendard Modernisé no 43 de la flottille 11F à l'atterrissage touche durement la piste de la BAN Landivisiau et est endommagé. Pas de bléssé ;

* Le 21 mars 2008, un Super-Étendard Modernisé de la flottille 17F est perdu en mer au sud de Cavalaire-sur-Mer, lors d'un vol d'entraînement. Son pilote a pu s'éjecter à temps et est sain et sauf ;

* Le 1er octobre 2008 à 17h10, les Super-Étendard Modernisés no 38 et no 49 de la flottille 11F se percutent en baie de Lannion, à environ 27 km au nord de Morlaix, lors d'une mission d'exercice au départ de la BAN Landivisiau. Les pilotes ont pu s'éjecter. L'un d'entre eux est repêché. Dans un premier temps, le chasseur de mines Lyre (M648) n'a pas pu localiser les épaves gisant à une soixantaine de mètres de fond et les recherches pour retrouver le second pilote, le lieutenant de vaisseau Sébastien Lhéritier, sont abandonnées le lendemain à 12h. Puis, le 15 octobre 2008, le bâtiment de soutien, d'assistance et de dépollution (BSAD) Argonaute du CROSS quadrille la zone du crash à une dizaine de milles au nord de l’île de Batz. Des robots sous-marins munis de caméras sont déployés afin de positionner précisément les débris, qu'ils localisent le 17 octobre 2008 par 80 mètres de fond, ainsi que le corps du pilote disparu, qui est récupéré. Une partie de carlingue et une aile de l'un des appareils est repêchée par un chalutier à l'est de l'île de Batz en février 2009. L'enquête technique aéronautique a été confiée au Bureau d'enquêtes et d'analyses de la Défense-Air (BEAD-Air) de Brétigny-sur-Orge.


Envergure : 9,60 m

Longueur : 14,31 m

Hauteur : 3,86 m

Surface alaire : 28,40 m²

Performances À vide : 6 500 kg

Carburant Avec armement : 8 600 kg

Maximale :12 000 kg

Vitesse de croisière :{vitessecruising} km/h

Vitesse maximale 1 380 km/h (Mach 1,3)

Vitesse de décrochage km/h Plafond 13 715 m

Vitesse ascensionnelle : 6000 m/min

Distance franchissable : 850 km

Charge alaire: 396 kg/m² kg/m²

Rapport poids/poussée : 0,43


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