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Jusqu'au début des années trente, l'aviation militaire connait un développement très limité qui lui donne juste une position qu'elle aurait déjà dû occuper à la fin de la première guerre mondiale. Toutefois, elle voit ses moyens et son organisation se renforcer de manière remarquable. Un crédit de 20 millions de francs est accordé pour l'acquisition de 40 biplace Fokker CV d'origine hollandaise et de 65 chasseurs français Dewoitine D-27.
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Escadrille de D-27
Avec la mise en service de ces appareils, l'armée de l'air dispose pour la première fois d'un nombre suffisant d'appareils de combat moderne, mais ne peut encore les utiliser que pour la reconnaisance. Les bombardements stratégiques ne sont pas étudié et l'appui tactique n'en n'est qu'à ces balbutiements avec l'acquisition de CV et le développement du futur C-35. Pour la protection de l'espace aérien, mission des unités de chasse, elle n'est que très mal assurée.
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C-35 transformé pour les escadres de nuit
1933 Le Conseil Fédéral présente à l'Assemblée fédérale un message concernant le renouvellement et le complément de l'armement et de l'équipement de l'armée. Dans le domaine de la défense aérienne, le gouvernement propose, dans les moyens financiers limités dont il dispose d'attribuer un plus grand nombre de mitrailleuses lourdes et légères aux bataillons d'infanterie dans le but de pouvoir leur donner des capacités de DCA, et de renouveler le parc aérien.
1935 Suite à des études conscrées à la question de la réorganisation de l'aviation et de la défense aérienne, l'aviation est considérée comme une arme offensive et la chasse comme une auxiliaire du reste des troupes d'aviation. Ainsi c'est toute l'armée qui est réorganisée, suite à l'augmentation des tensions internationales et avec la réorganisation des armées de nos voisins, le Conseil Fédéral présente un projet de renforcement de la défence nationale en avril 1936 et propose une nouvelle organisation des troupes, une défense aérienne suffisante et la création d'une couverture frontière.
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Fokker CV-E, 1935
1936 La nouvelle organisation du 7 octobre 1936, qui entrera en vigueur le premier janvier 1938 donne son indépendance à l'aviation et regroupe cette dernière avec la DCA. Les nouvelles troupes d'aviation et de DCA sont alors considérées comme troupe au même titre que l'infanterie, les troupes légères et l'artillerie. Pourtant elle ne dispose pas d'un état major envisagé comme indépendant. Ce n'est que l'année suivante que l'on se rend finalement compte que le commandement de Troupes d'Aviation et de DCA doit avoir son propre état-major, qui est créé sur décision de l'Assemblée Fédérale le 27 octobre 1937. La nouvelle structure comprend trois régiments formés de sept groupes d'aviation de trois compagnies chacun, donc vingt et une compagnies. Selon les tabelles réglées par l'EMG en mars 1936 la dotation des troupes d'aviation s'élève à 300 avions, représentant le maximum que la Suisse puisse se payer et qui ne pourra être atteint qu'en 1942. L'EMG propose le 23 mars 1936 de donner l'autorité à un nouveau service du Département militaire dans le but de décerner les compétances nécessaires à son chef pour qu'il puisse remplir les missions attribuées. De plus il soumet la proposition d'organiser cet organe en trois principaux services : aviation, DCA et protection aérienne passive comprenant le service de repérage et de signalisation d'avions. Finalement c'est le 14 août 1936 que DMF est chargé de créer et d'organiser le service des troupes d'aviation et de DCA.
La nouvelle organisation des troupes d'aviation leur donne enfin la place indispensable à une force aérienne au sein d'une armée moderne et cette autonomie permet à l'aviation militaire suisse de jouir de la liberté d'action dont dispose celles des pays voisins.
Cependant des crédits sont insuffisants pour permettre de former des pilotes et de rattraper les retards accumulés en matière d'infrastructures (aérodromes de guerre, réseau de détection et de transmission efficace, système d'engagement des escadrilles, etc..). De plus la DCA existe que dans les documents et aucune unité ne sera opérationnelle avant le début des hostilités. Enfin les problèmes d'acquisitions d'appareils modernes empêchent de doter les escadrilles prévues dans l'organisation avec des avions performants.
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Moranne D 3801 (issu du MS 506 C-l )
1937 Après la nationalisation de l'industrie aéronautique française les rapports avec la Suisse sont interrompus. Cependant, le service de l'aviation et le service technique militaire propose d'acheter deux Morane 405 et de les construire sous licence dans les usines Saurer et Lokomotiv und maschienenfabrik en l'équipant du moteur Hispano-Suiza, mais le programme a du retard et en février, le service technique militaire promet de livrer le premier D-3800, nouveau nom du chasseur, les autres livraisons devraient s'échelonner jusqu'en février de l'année suivante.
1938 La Suisse a un impérieux besoin de se procurer les appareils nécessaires à la réalisation de sa nouvelle organisation à 300 unités. Elle se tourne vers l'Allemagne et à la mi-septembre, des pilotes suisses peuvent voler sur Messerschmitt Me-109 en se rendant aux usines de construction à Ausburg. Il purent également assiter à une démonstration de Me-110. Le 21 octobre 1938, le Conseil Fédéral accepte de faire l'acquisition de 10 ME-109 D équipés d'un moteur Jumo de 680 cv. et de 30 ME-109 E dotés du moteur DB 601 de 950 cv.
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Messerschmitt Me-109
La Suisse arrive donc à la veille des hostilités avec une aviation en pleine réforme et en ayant de nombreux mois de retard par rapport à celle de ses voisins.
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