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INTERCEPTEUR ET RECONNAISSANCE

 

LE  MIRAGE III S

 

 

Le Mirage III S est un intercepteur, la plus grande partie des vols accomplis restent dans le domaine subsonique, entre mach 0,6 et 0,9 pour une raison facile à comprendre, les vols supersonniques s'effectuent au-dessus de 10 000 mètres et au dessus des régions non habitées.

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Mirage IIIS, se dirigeant ver sa zone d'entrainement au vol supersonique, sur des endroits inhabités

L'époque héroïque des combats singuliers est bel est bien révolue, avec le Venom il fallait de la force et un bon feelling de vol, avec le Mirage le pilote devient une sorte de manager chargé de maîtriser une mécanique hautement perfectionnée avec un système d'arme très complexe. Avec l'expérence, on s'apperçoit que les exigence posées par une telle machine ne peut être satifaite que par des pilotes professionnels disposant de tout le temps nécessaire pour garantir un niveau d'entrainement et d'engagement rentable.

Afin d'économiser de coûteuses heures de vol les pilotes s'entraînent au sol sur des simulateurs de vol. En 1985, une première équipe se rend en Sardaigne, avec six Mirage et 6 Tiger. Ce sont ainsi 24 pilotes professionnels qui s'entraînent au combat aérien au-dessus de la mer. Les pilotes se rendent également tous les quatres ou cinq ans en Suède afin d'y exercer le tir air-air et air-sol à la munition de guerre.

Mirage IIIS au décollage avec son réservoir suppl. de 1'100 litres pour un vol longue durée.

 

La mission du Mirage III S est d'identifier les avions pénétrant dans l'espace aérien, de les avertir et au besoin de les contraindre à atterrir sur un aérodrome désigné à cet effet. On ne saurait en permanence maintenir des avions en l'air, on place donc des formations réduites en état d'alerte au sol, à proximité immédiate des pistes, ce qui leur permet de prendre l'air en moins de deux minutes par n'importe quel temps , de jour comme de nuit.

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Fusées d'appoint "Jato" au décollage.

 

Il faut 300 mètres et 15 secondes à peine pour que le mirage décolle à l'aide de ses fusées d'appoint "Jato". Sans les Jato et à pleine charge, la distance de roulage au départ atteint près de 1000 mètres. Lors d'une prise en chasse d'un adversaire, l'intercepteur est amené vers son but par sa centrale d'engagement du système Florida. Le radar "Taran" qui combine navigation et tir permet ensuite au pilote de détecter l'objectif alors qu'il est encore hors de vue. Sa portée va jusqu'à 100 km. Le calculateur de bord détermine instantanément la route à suivre. Une projection visuelle du terrain dans le cockpit donne sa position à chaque instant au pilote. Le calculateur de tir de l'engin est déclenché soit par le pilote soit automatiquement. Suivant les cas il peut arriver que ce dernier ne voie même pas le but qu'il attaque. Le "Taran" est fiable à toutes les altitudes et par tous les temps.

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Système de relevé topographique d'un rayon de 100 km.

Afin d'améliorer sa fiabilité et sa puissance de combat, le Mirage subit plusieurs modifictions que ce soit dans les domaines électronique, aérodynamique ou de l'équipement. Tout d'abord Une peinture de camouflage gris-mat, puis entre 1988 et 1992,  l'adjonction de canards et de «nose strakes» destinés à améliorer la maniabilité à basse vitesse puis un nouveau siège éjectable et un dispositif de largage de leurres infrarouge et électromagnétiques .

Ces transformation permettent au Mirage III S de cotoyer durant quelques années les nouveaux F-5 dans des missions de couverture de zone.

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Empennage "canard" pour une meilleure stabilité

le 8 janvier 1969, à l'occasion de la commémoration du premier vol postal D!ubendorf-Berne réalisé 50 ans plus tôt, un mirage III S décolle de Dübendorf à 14h.04. Quatre minutes plus tard il se trouve au-dessus du lac de Constance, vire de bord et monte à 10 000 mètres. Il atteint mach 2 dans la région du Mittelland bernois, 15 minutes après avoir décollé. Un instant plus tard, il atterrit à Payerne aux instruments, redécolle immédiatement et rentre à Dübendorf où il se pose à 14h 44 dans une tourmente de neige. Effectué à bord d'un biplan Haefli DH-3 des ateliers de construction fédéraux de thoune, le vol de 1919 a duré 63 minutes.

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Pilote et appareil prêts pour un vol stratosphérique

C'est en 1964 que les crédits votés pour l'achat des Mirage sont largement dépassés. Devant cette situation, le Parlement décide de ramener à 57 la commande de 100 avions passée à l'origine.Ce seront donc finalement 36 intercepteurs III S, 18 RS de reconnaissance et 3 biplaces BS. Toutes ces machines sauf trois doivent être construites sous licence en Suisse. " l'affaire des Mirages"  coute cher au commandant des troupes d'aviation et de DCA, que le Conseil Fédéral licencie avec effet immédiat.

 

Le Mirage est entré en service en Avril 1966 au sein de la 17éme escadrille de Payerne, en décembre 1999 à Buochs, il a été soigneusement démonté et stocké dans une caverne.  Sur les 61 appareils acquis toutes versions confondues, dix pertes totales, dont sept lll S, se répartissent entre 1964 et 1999. Trois pilotes et une tierce personne perdent la vie lors de ces accidents.

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Mirage IIIS armé de 2 Sidewinder et d'un Falcon , 2 réservoirs suppl. 500 litres et  de sa fusée d'appoint  SEPR

 

 

Mirage IIIS armé d'engin air-air Falcon et d'engin Sidewinder à autoguidage infrarouge et ses réservoirs suppl. 500 litres

en retournement, à pleine charge, il reste très maniable.

 

Les  "Jato" pour raccourcir le temps de décollage de l'appareil

 

SEPR, Fusée d'appoint enclanchée, 60 l. de pétrole pour carburant et 300 l. d'acide nitrique pour comburant,ce mélange

fournit 1'500 kg. de poussée pendant 80 sec., la flamme de 2'800 degrés mesure 6 mètres

 

L'affaire des mirages :

Le 21 juin 1961, l'Assemblée fédérale votait l'acquisition de 100 avions de combat Mirage et ouvrait à cet effet un crédit de 871 millions de francs. Le 4 mai 1964, le Conseil fédéral demandait un crédit additionnel 356 millions, assorti de 220 millions pour le renchérissement. La surprise fut grande dans l'opinion publique. En effet, le Parlement n'avait pas été informé de tous les coûts, augmentés par la volonté de construire les Mirages sous licence en Suisse, de les doter de perfectionnement (choix de l'électronique par ex.) et d'en faire des appareils capables de diverses missions (polyvalence).

Le parlement , qui avait le sentiment d'avoir été trompé, refusa d'entrer en matière et, le 17 juin 1964 créa la première commission d'enquête parlementaire de son histoire, suivant la proposition d'un conseiller national qui en devint le président. Le rapport livré le 2 septembre fut accablant : le Département militaire fut accusé d'avoir trompé le gouvernement, le législatif et l'opinion publique. Les Chambres, le 23 septembre, réduisaient le nombre d'avions de 100 à 57. De fait, les avions de chasse ne seront que 36, la polyvalence souhaitée n'étant pas possible; 12 appareils seront affectés à la reconnaissance et les autres à l'entraînement des pilotes.

Les responsables furent sanctionnés, le divisionnaire, chef de l'aviation, fut suspendu et le chef de l'EMG démis de ses fonctions. Le chef du département militaire, dont plusieurs parlementaires avaient réclamé la démission, renonça à un nouveau mandat en 1966. Militairement, l'affaire remit en question la conception de la défense choisie en 1961.

Pour éviter qu'une telle situation se reproduise, on renforça le contrôle parlementaire (création par exemple du service de documentation de l'Assemblée fédérale) et on donna au Département militaire les moyens organisationnels et d'expertise nécessaires à la préparation de tels projets.

 

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Dernière mise à jour de cette page le 17/03/2009